Demain, je prends l´avion qui me ramenera en France aprés ce long voyage, des mois de liberté totale, de découvertes, de rencontres... des mois qui me semblent aujourd´hui etre passés aussi vite qu´ils me semblaient longs a mon arrivée a quito.
Et oui, mon petit coup de blues a moi náura pas été au bout de 3 ou 4 mois mais la premiere semaine du voyage (et quelques mercredis par la suite, allez savoir pourquoi...).
N ´avoir plus qu´un sac a dos et tout le temps devant soi est peut-etre tentant mais parfois un peu flippant. Plus d´obligation, ni de réves puisqu´on y est, on peut et doit suivre ses envies, on se retrouve face a elles un peu perdu, car on a oublié comment les reconnaitre et les vivre vraiment.
Le voyage, c´est sur, permet de mieux se connaitre, et comme nous étions 2, de mieux connaitre l´autre.
Il permet aussi de s´ouvrir aux autres, aux populations locales bien sur, mais aussi aux étrangers qui ont choisi de voyager comme nous, qu´on fuit un peu au début car leur présence est génante, elle rend notre démarche moins magique, presque classique; mais on apprend vite qu´on a beaucoup d´info et de sentiments a partager, que chaque voyage est différent et riche d´experience, quelque soit sa durée, et que ces rencontres, toujours intéressantes, aboutissent parfois a une réelle amitié: une petite pensée pour Chris et Victoria, nos amis londoniens, avec lesquels on aura vraiment vécu des moments forts, et qu on reverra dés que possible.
Le voyage est donc l´ocasion d´un joyeux meltingpot: Israelien, adaskien,italien, espagnol, suisse, allemand, coréen, quebecois, guatemalteque, mexicain, namibien, norvegien, finlandais, anglais, et bien d´autres nationalités rencontrées.
A ses rencontres s´ajoutent les relations privilégiées liées avec les locaux, en particulier Samuel de la communauté Capironi en Equateur, Abner et Alcidez du petit village de chiquian dans le nord-perou, toute la famille Diaz de Puerto-montt au chili, la famille Sata et Carolina a l`ilha grande, Vanessa de Rio qui cuisine aussi bien qu´elle est bavarde...
Ca ne vous dit peut-etre rien mais moi je veux me rappeler de tous ces noms.
C´est marrant, je voulais faire un petit résumé de mes impressions sur les paysages traversés, car la nature et les montagnes étaient notre motivation premiere, et je me retrouve a parler avant tout de personnes, de rencontres, comme quoi elles sont au moins aussi importantes dans ce qui fait le voyage, que les lieux magiques qui en ont été le décor.
Et quel décor !!! Les imposants volcans Equatoriens, toujours menacants, les richesses inestimables de la grande foret (je ne pense pas au petrole mais a la vie grouillante et extrement vulnérable puisqu´elle n´a pas de prix), les majestueuses cordilleres péruviennes et boliviennes (Blanche, Huayhuash et Real)qui rivalisent de beauté, la magie du Lac Titicaca, le surréalisme de l´altiplano bolivien dans le desert du sud-lipez, certainement l´un des lieux les plus saisissants au monde tant il est fortuit et harmonieux, l´étrange et surprenante ile de chiloé, la perfection des volcans chiliens, les étendues sauvages et parcs de Patagonie, peut-etre pas le bout du monde mais le bout d´un monde a part, écrasant de beauté froide et pure, les majestueuses chutes d´iguazu, la belle costa verde et ses iles au Bresil...
Mais aussi de véritables coup de foudre urbains, alors que d´ordinnaire je fuis les grandes villes qui m´étouffent:
les villes argentines, dont les nombreuses places sont autant de grands parcs, et qui s´animent a la nuit tombée, en particulier l´ame portenienne de Buenos aires, son tango, ses artistes et quartiers bohemes;
Et puis Rio de Janeiro, qui m´a bien coupé le souffle, mais de bonne surprise: c´est peut-etre la plus belle ville au monde a mes yeux, pas pour son architecture (bien qu´il y ait de charmants quartiers coloniaux), mais sa situation est completementincroyable et inadéquate: la complexité géographique de la baie de guaranaba rend totalement inopinée la presence d´une si grande ville. Le relief est anarchique, les morros sont partout dans la ville, un grand lac sépare Ipanema et Leblon du reste, la foret de Tijuca est la plus grande foret urbaine du monde (et c est la jungle), la plage est partout et sa beauté est a peine entamée par les rangées d´immeubles tant le cadre est merveilleux: l´océan, les montagnes tropicales aux formes étonnantes (dont le pain de sucre)... Et cela se pase sous l´oeil attentif du christ rédempteur qui embrasse tout du haut de sa falaise. Comme le dit la chanson, Rio est une ¨cidade maravillosa¨, et c´est une trés bonne fin pour un si beau voyage.
Autre atout du voyage, maintenant je parle couramment spanglish avec l´accent francais et je baragouine le portugais avec l´accent espagnol. Autrement dit, je jongle habilement entre toutes ces langues sans un parler vraiment une et arrive ainsi a me faire comprendre de tout les gens que je rencontre, et c´est un luxe dont je ne veux plus me passer,que j´espere meme perfectionner, car c´est tellement agréable de pouvoir communiquer avec autant de gens différents.
Reste donc la communication avec Jim... la aussi le voyage et les longues heures de marche ont fait leur travail: il faut bien trouver des choses a se dire quand on est 24h sur 24 ensemble, et ce meme si on pense déja se connaitre parfaitement. La bonne surprise c´est qu´en réalité il reste toujours beaucoup a decouvrir (ouf), mais la encore il faut apprendre a se laisser aller et le voyage offre le temps et les sensations nécessaires a cet aprofondissement.
C´était un vrai bonheur de partager ce périple avec Jim, on ne s´ennuie jamais a ses cotés ( on ne se repose jamais non plus d´ailleurs). Il est ingénieux et serviable (ses services ont été appréciés de tous) et courageux, alors que je suis completement maladroite et nunuche...mais c´est un duo qui fonctionne incroyablement bien car on se complete parfaitement, et avons chacun évolué dans le sens de l´autre durant ces 6 mois.
Jim s´est beaucoup ouvert aux autres et a meme la langues bien pendue désormais, et sa présence rassurante mais intransigeante a été un vrai moteur pour moi et m´a incroyablement degourdie.
J´ai pu faire des choses dont je ne me serais jamis senti capable sans lui (je remercie sa patience) meme s´il me reste certaines tarres: je suis maintenant capable de monter pendant 4h dans la chaleur etouffante de la jungle pour arriver au sommet d´une montagne d´ou la vue est imprenable, et de refuser d´en profiter, persuadée que je suis de mon vertige psychologique; et puis je me ronge déja les ongles a l´idée de monter dans l´avion demain.
On ne se refait pas completement!
Mise a part ce petit ¨grain¨ quand je prends de l´adtitude, je suis seréne quand au retour, ni triste ni impatiente, c´est la prochaine étape d´un plus grand voyage. Je vais retrouver les paysages familiers que j´apprécie, les gens que j´aime et dont l´absence m´a pesée malgrés tout, mes autres centres d´intéret: la musique (ouh que mon piano me démange) et les études... et un jour je repartirai, mais j´espere plutot qu´on repartira...
je vous remercie tous de nous avoir suivi et encouragé régulierement, ce sont de petites attentions précieuses quand on est loin et sensible.
A trés bientot maintenant!
pauline. |